Question d’éthique

En voilà un débat interminable…

Peut-on faire, doit-on faire… jusqu’au faut-il aller?

On a tous un bagage personnel, une éducation, des croyances et des idées différentes qu’il faudra parfois mettre de côté…

Ce n’est pas toujours facile.

Comment comprendre et accepter qu’une femme ayant suivi un traitement de PMA et décidé volontairement d’y mettre un terme souhaite revenir faire un transfert quelques semaines après? Comment ne pas la juger? Comment simplement reprendre son traitement et l’aider et l’accompagner comme vous le faites pour toutes les autres…

Comment comprendre qu’une patiente ayant décidé consciemment de transférer 2 embryons décide ensuite de faire pratiquer une réduction embryonnaire parce qu’elle n’envisage pas d’avoir des jumeaux…

Cela semble parfois tellement injuste quand il y a d’autres patientes qui enchaînent les transferts sans arriver à un résultat positif…

Et même si je pense toujours que la liberté personnelle est un droit indiscutable, c’est parfois difficile à accepter sans plus.

Les débats se poursuivront… Les avancées de la science nous ouvre un monde de possibilités qu’ il faudra décider si exploiter ou non.
L’exemple le plus proche est aujourd’hui celui de la GPA.

C’est un traitement auquel je ne suis pas vraiment favorable… Et pourtant, que faire quand vous avez une patiente qui ne peut jamais tomber enceinte malgré les multiples échecs… et pire encore, quand elle a des embryons qui l’attendent à la clinique et dont on ne peut rien faire… Il est en effet interdit de les transférer dans un pays autorisant la GPA, malgré le fait que toute l’équipe médicale soit consciente que la patiente ne pourra pas les transférer elle-même…

Je fais d’ailleurs un appel au témoignage… Si une lectrice a dû avoir recours à la GPA après un parcours en PMA, j’aimerais pouvoir échanger avec elle pour comprendre comment ça s’est passé.

La bêta positive

Je me rends compte que sur les quelques articles écrits, je me suis centrée sur l’échec… Peut-être parce que c’est la partie la plus difficile et donc celle sur laquelle je ressens le plus le besoin d’écrire…

Mais quand même, mon travail consiste à accompagner les patientes sur le chemin de cette fameuse beta positive qui, heureusement, nous accompagne souvent!!!

Cette fameuse prise de sang que certaines ne veulent pas faire par peur du résultat, que d’autres font en avance car elles ne peuvent pas attendre…
Ce chiffre magique que l’on attend de recevoir et qui renferme tellement d’espoir…
Sur le chemin de cette beta positive, il y a des patientes que je n’oublierai jamais… parce qu’elles m’ont appelé en pleurant quelques jours avant en me disant que c’était fini, qu’elles avaient leurs règles et qu’il m’a fallu déployer tous mes meilleurs arguments pour les convaincre de ne pas arrêter leur traitement!!!
Celles qui m’ont juré qu’elles connaissaient leur corps et que c’est sûr, c’était négatif…
Celles qui avaient déjà fait tellement de transferts qu’elles n’y croyaient plus.
Celles qui n’avaient obtenu qu’un seul ovocyte et avaient pleuré toutes les larmes de leur corps je jour de la ponction…
Celles qui n’y croient pas encore parce qu’elles savent qu’un test positif n’est qu’une étape à franchir, pas toujours définitive…
Mais une étape tellement importante… Une étape qui nous a fait pousser des cris de joie en raccrochant le téléphone…
Une étape qui nous permettra peut-êtrede pouvoir ajouter le faire-part d’un adorable bébé sur notre mur déjà bien rempli 9 mois après…
Une étape qui nous redonnera de l’espoir pour toutes les patientes et nous aidera à trouver les mots la prochaine fois qu’on devra faire face à un test négatif…
Parce que même si on sait que ce n’est malheureusement pas le cas, on aime penser que tôt ou tard, toutes les patientes y arriveront…
Et demain en ouvrant mon mail, j’espère y recevoir dans la journée une autre beta positive qui me donnera le sourire pour tout le week-end!!!

Je comprends

Je ne sais combien de fois j’ai répété ces deux mots: « je comprends ». Parce que souvent, devant la déception, la tristesse ou le désespoir, il n’y a rien d’autre à dire…
Mais à chaque fois que je le dis je me demande si vraiment je comprends…
Car oui, je suis fille de parents ayant souffert pendant 10 ans avant de pouvoir enfin mener à terme une grossesse. Oui, je peux encore sentir dans les silences de ma mère la souffrance qu’elle a enduré pendant toutes ses années.
Oui, j’ai connu moi-même un avortement précoce et une grossesse biochimique.
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Je connais la douleur que cela peut provoquer mais j’ai heureusement pu tomber enceinte facilement après…
Ma deuxième grossesse, vécue à la clinique, m’a parfois fait sentir coupable face à des patientes qui en étaient à un énième essai, infructueux et à qui j’essayais de dissimuler mon ventre par peur de ce qu’elle pouvait ressentir. C’est probablement l’une des raisons qui m’ont poussé aussi à écrire ce blog.
Pouvoir échanger avec des patientes et essayer de savoir comment elles se sentent réellement et comment depuis ma position nous pourrions les aider…
Pouvoir communiquer que non, nous ne sommes pas insensibles et que si parfois nous le paraissons, c’est tout simplement pour nous protéger aussi. Parce que moi aussi, j’ai versé des larmes en recevant un résultat négatif ou la nouvelle d’une fausse-couche.
Parce que j’ai encaissé la déception de patientes qui m’ont lancé que je n’avais pas de coeur, qu’elles n’étaient qu’un numéro ou que tout s’était très bien passé mais « pour le prix qu’on paie, c’est normal que le sourire soit inclus ».
Dans tous les cas, je continuerai à essayer de comprendre… Peut-être que je ne comprends pas, mais je peux assurer que j’y mets tout mon coeur et je fais mon possible pour comprendre et rendre tout le traitement plus humain.
Si certaines veulent m’écrire et me raconter leurs expériences et ressentis pendant le traitement, je serai ravie d’échanger et d’en faire un nouvel article, anonyme bien sur!

Mon blasto, ce héros…

S’il y a une chose qui est importante aux yeux des patients lors du traitement de FIV, ce sont les beaux blastocystes!!!

Blastoquoi??? Quand on n’a jamais entendu ce mot, comme moi il y a quelques années, cela n’évoque absolument rien… et pourtant le blastocyste en fertilité c’est un peu le Saint Graal. C’est le champion qui vous donnera enfin ce bébé tant attendu…

Un blastocyste c’est un embryon 5 jours après la fécondation. Les techniques de laboratoire évoluant très rapidement, les transferts embryonnaires sont passés de jour 2 ou 3 à jour 5 en quelques années.

Le fait de transférer plus tard diminue évidemment le nombre d’embryons transférés mais augmente les possibilités de grossesse.

Cela rend parfois les choses plus difficile… car des embryons trop faibles ne se développeront pas jusqu’à jour 5 et il n’y aura donc pas de transfert… D’un autre côté, est-il vraiment préférable de transférer à jour 3 et de devoir attendre 15 jours pour faire un test négatif?

C’est un sujet difficile quand il faut l’aborder avec les patients car la tentation est grande de penser que cet embryon qui en laboratoire n’a pas survécu, l’aurait fait dans l’utérus… Il est impossible de prouver que cela ne serait pas le cas mais les techniques utilisées aujourd’hui semblent permettre le meilleur développement des embryons, presque identique à un développement in utero.

blastocyste

La finalisation du traitement avec le transfert d’un ou deux blastocystes, c’est le début d’une nouvelle période remplie d’espoir jusqu’au test de grossesse… qui devra confirmer que Oui, ce blastocyste était bien un super héros et deviendra bientôt un super bébé!!!

Infertilité: le problème des années à venir?

Les problèmes d’infertilité sont de plus en plus fréquents. Il n’est pas rare d’avoir dans notre entourage des couples qui en souffrent et doivent recourir à un traitement.

Il est clair que l’augmentation de l’âge moyen de la première grossesse chez la femme rend plus fréquent les difficultés à obtenir une grossesse. Mais ce n’est probablement pas la seule raison car il y a aussi de nombreuses patientes plus proches de la trentaine que de la quarantaine…

Au vu des nombreux scandales sanitaires actuels ( par exemple le scandale du chlordécone aux Antilles), nous sommes en droit de nous questionner sur cette question.

PMA FIV
L’infertilité et les traitements qui en découlent sont-ils notre avenir?

L’activité humaine, en particulier l’utilisation massive de produits hautement toxiques qui finiront dans notre assiette, les accidents nucléaires, la pollution qui nous entoure et les différents perturbateurs endocriniens ont très certainement un impact, encore inconnu ( ou ignoré) que nous découvrirons dans les années à venir.

Nous n’avons pour l’instant pas de réponse à cette question pourtant si importante… Les enfants vont-ils devenir rares?? Un monde sans enfants, comme celui de « The handmaid’s tale » est-il celui qui nous attend?

Et plus important, comment allons-nous faire face à ce manque d’enfants, s’il se produit…

Toute une série d’inquiétudes et d’incertitudes qui devraient nous faire changer notre rapport avec la planète… même si apparemment, au vu des dernières décisions françaises concernant le glyphosate, nous ne sommes pas encore prêts à le faire…