Le terme de la grossesse

Déjà 2 mois que je n’écris plus… Les jours passent trop vite… Cependant, cette Journée Mondiale de la Prématurité m’a donné envie de revenir…

A la clinique, mon travail termine en théorie le jour où l’on confirme que la grossesse est bien évolutive, avec les tous premiers battements de coeur.
Un moment très émouvant pour les futurs parents, qui jusque là n’osaient bien souvent pas y croire, qui confirme que c’est bon, bébé est bien accroché et devrait nous rejoindre dans quelques mois…
Mais il y a parfois des bébés qui arrivent trop tôt…
Comment trouver les mots pour répondre à une patiente vous annonçant qu’elle a accouché à 20 semaines et perdu ses jumeaux…
A des parents dont l’un des bébés n’a pas survécu après plusieurs semaines de lutte…
A une mère qui a perdu un bébé né à 28 semaines et lors d’une deuxième grossesse accouche entre plus tôt?

Des enfants qui simplement sont arrivés quelques semaines trop tôt parmi nous.

Comment un  » je suis désolée de recevoir cette nouvelle » peut aider ces parents… comment donner des forces à ceux qui sont à l’hôpital avec leur bébé depuis plus d’un mois sans savoir s’il va s’en sortir???

La médecine aujourd’hui réalise de véritables miracles mais ce n’est pas suffisant pour tous…
Il est donc indispensable de continuer la recherche et de doter les hôpitaux de moyens leur permettant d’aider le plus possible tous ces bébés à avancer sur le chemin de la vie!!!

La bêta positive

Je me rends compte que sur les quelques articles écrits, je me suis centrée sur l’échec… Peut-être parce que c’est la partie la plus difficile et donc celle sur laquelle je ressens le plus le besoin d’écrire…

Mais quand même, mon travail consiste à accompagner les patientes sur le chemin de cette fameuse beta positive qui, heureusement, nous accompagne souvent!!!

Cette fameuse prise de sang que certaines ne veulent pas faire par peur du résultat, que d’autres font en avance car elles ne peuvent pas attendre…
Ce chiffre magique que l’on attend de recevoir et qui renferme tellement d’espoir…
Sur le chemin de cette beta positive, il y a des patientes que je n’oublierai jamais… parce qu’elles m’ont appelé en pleurant quelques jours avant en me disant que c’était fini, qu’elles avaient leurs règles et qu’il m’a fallu déployer tous mes meilleurs arguments pour les convaincre de ne pas arrêter leur traitement!!!
Celles qui m’ont juré qu’elles connaissaient leur corps et que c’est sûr, c’était négatif…
Celles qui avaient déjà fait tellement de transferts qu’elles n’y croyaient plus.
Celles qui n’avaient obtenu qu’un seul ovocyte et avaient pleuré toutes les larmes de leur corps je jour de la ponction…
Celles qui n’y croient pas encore parce qu’elles savent qu’un test positif n’est qu’une étape à franchir, pas toujours définitive…
Mais une étape tellement importante… Une étape qui nous a fait pousser des cris de joie en raccrochant le téléphone…
Une étape qui nous permettra peut-êtrede pouvoir ajouter le faire-part d’un adorable bébé sur notre mur déjà bien rempli 9 mois après…
Une étape qui nous redonnera de l’espoir pour toutes les patientes et nous aidera à trouver les mots la prochaine fois qu’on devra faire face à un test négatif…
Parce que même si on sait que ce n’est malheureusement pas le cas, on aime penser que tôt ou tard, toutes les patientes y arriveront…
Et demain en ouvrant mon mail, j’espère y recevoir dans la journée une autre beta positive qui me donnera le sourire pour tout le week-end!!!

Je comprends

Je ne sais combien de fois j’ai répété ces deux mots: « je comprends ». Parce que souvent, devant la déception, la tristesse ou le désespoir, il n’y a rien d’autre à dire…
Mais à chaque fois que je le dis je me demande si vraiment je comprends…
Car oui, je suis fille de parents ayant souffert pendant 10 ans avant de pouvoir enfin mener à terme une grossesse. Oui, je peux encore sentir dans les silences de ma mère la souffrance qu’elle a enduré pendant toutes ses années.
Oui, j’ai connu moi-même un avortement précoce et une grossesse biochimique.
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Je connais la douleur que cela peut provoquer mais j’ai heureusement pu tomber enceinte facilement après…
Ma deuxième grossesse, vécue à la clinique, m’a parfois fait sentir coupable face à des patientes qui en étaient à un énième essai, infructueux et à qui j’essayais de dissimuler mon ventre par peur de ce qu’elle pouvait ressentir. C’est probablement l’une des raisons qui m’ont poussé aussi à écrire ce blog.
Pouvoir échanger avec des patientes et essayer de savoir comment elles se sentent réellement et comment depuis ma position nous pourrions les aider…
Pouvoir communiquer que non, nous ne sommes pas insensibles et que si parfois nous le paraissons, c’est tout simplement pour nous protéger aussi. Parce que moi aussi, j’ai versé des larmes en recevant un résultat négatif ou la nouvelle d’une fausse-couche.
Parce que j’ai encaissé la déception de patientes qui m’ont lancé que je n’avais pas de coeur, qu’elles n’étaient qu’un numéro ou que tout s’était très bien passé mais « pour le prix qu’on paie, c’est normal que le sourire soit inclus ».
Dans tous les cas, je continuerai à essayer de comprendre… Peut-être que je ne comprends pas, mais je peux assurer que j’y mets tout mon coeur et je fais mon possible pour comprendre et rendre tout le traitement plus humain.
Si certaines veulent m’écrire et me raconter leurs expériences et ressentis pendant le traitement, je serai ravie d’échanger et d’en faire un nouvel article, anonyme bien sur!

Mon blasto, ce héros…

S’il y a une chose qui est importante aux yeux des patients lors du traitement de FIV, ce sont les beaux blastocystes!!!

Blastoquoi??? Quand on n’a jamais entendu ce mot, comme moi il y a quelques années, cela n’évoque absolument rien… et pourtant le blastocyste en fertilité c’est un peu le Saint Graal. C’est le champion qui vous donnera enfin ce bébé tant attendu…

Un blastocyste c’est un embryon 5 jours après la fécondation. Les techniques de laboratoire évoluant très rapidement, les transferts embryonnaires sont passés de jour 2 ou 3 à jour 5 en quelques années.

Le fait de transférer plus tard diminue évidemment le nombre d’embryons transférés mais augmente les possibilités de grossesse.

Cela rend parfois les choses plus difficile… car des embryons trop faibles ne se développeront pas jusqu’à jour 5 et il n’y aura donc pas de transfert… D’un autre côté, est-il vraiment préférable de transférer à jour 3 et de devoir attendre 15 jours pour faire un test négatif?

C’est un sujet difficile quand il faut l’aborder avec les patients car la tentation est grande de penser que cet embryon qui en laboratoire n’a pas survécu, l’aurait fait dans l’utérus… Il est impossible de prouver que cela ne serait pas le cas mais les techniques utilisées aujourd’hui semblent permettre le meilleur développement des embryons, presque identique à un développement in utero.

blastocyste

La finalisation du traitement avec le transfert d’un ou deux blastocystes, c’est le début d’une nouvelle période remplie d’espoir jusqu’au test de grossesse… qui devra confirmer que Oui, ce blastocyste était bien un super héros et deviendra bientôt un super bébé!!!