Je comprends

Je ne sais combien de fois j’ai répété ces deux mots: « je comprends ». Parce que souvent, devant la déception, la tristesse ou le désespoir, il n’y a rien d’autre à dire…
Mais à chaque fois que je le dis je me demande si vraiment je comprends…
Car oui, je suis fille de parents ayant souffert pendant 10 ans avant de pouvoir enfin mener à terme une grossesse. Oui, je peux encore sentir dans les silences de ma mère la souffrance qu’elle a enduré pendant toutes ses années.
Oui, j’ai connu moi-même un avortement précoce et une grossesse biochimique.
test-768x448
Je connais la douleur que cela peut provoquer mais j’ai heureusement pu tomber enceinte facilement après…
Ma deuxième grossesse, vécue à la clinique, m’a parfois fait sentir coupable face à des patientes qui en étaient à un énième essai, infructueux et à qui j’essayais de dissimuler mon ventre par peur de ce qu’elle pouvait ressentir. C’est probablement l’une des raisons qui m’ont poussé aussi à écrire ce blog.
Pouvoir échanger avec des patientes et essayer de savoir comment elles se sentent réellement et comment depuis ma position nous pourrions les aider…
Pouvoir communiquer que non, nous ne sommes pas insensibles et que si parfois nous le paraissons, c’est tout simplement pour nous protéger aussi. Parce que moi aussi, j’ai versé des larmes en recevant un résultat négatif ou la nouvelle d’une fausse-couche.
Parce que j’ai encaissé la déception de patientes qui m’ont lancé que je n’avais pas de coeur, qu’elles n’étaient qu’un numéro ou que tout s’était très bien passé mais « pour le prix qu’on paie, c’est normal que le sourire soit inclus ».
Dans tous les cas, je continuerai à essayer de comprendre… Peut-être que je ne comprends pas, mais je peux assurer que j’y mets tout mon coeur et je fais mon possible pour comprendre et rendre tout le traitement plus humain.
Si certaines veulent m’écrire et me raconter leurs expériences et ressentis pendant le traitement, je serai ravie d’échanger et d’en faire un nouvel article, anonyme bien sur!